L’année 2026 marque un double jalon symbolique et revêt une importance particulière. Elle célèbre,
d’une part, le centenaire de la naissance de Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, S.J. (1926), et,
d’autre part, le trentième anniversaire de son assassinat et de sa naissance au ciel (1996). Archevêque
de Bukavu, reconnu comme Serviteur de Dieu, Mgr Christophe Munzihirwa demeure l’une des
grandes figures prophétiques de l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.
Célébrer la mémoire du Serviteur de Dieu, assassiné en octobre 1996 pour avoir dénoncé l’invasion
de son pays par la coalition du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda, ainsi que l’instrumentalisation
de la violence politique comme mode de gouvernance dans la région des Grands Lacs, constitue une
responsabilité envers l’histoire, un devoir chrétien et citoyen face au présent, et une lumière allumée
pour éclairer le futur vers lequel nous marchons.
Trente années après l’assassinat de Monseigneur Christophe Munzihirwa, S.J., la République
démocratique du Congo, particulièrement dans sa région orientale, demeure marquée par une
instabilité chronique, une profonde crise du vivre-ensemble ainsi que par une dégradation continue
des conditions sociales, économiques, politiques, sécuritaires et morales. Faisant écho à l’interpellation de nos Pères Évêques, réunis en Assemblée plénière extraordinaire de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) du 18 au 20 juin 2026, retentit dans nos consciences cet appel devenu pressant : « La Nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan. » Dès lors, commémorer le sacrifice prophétique de l’archevêque de Bukavu, mort pour avoir dénoncé les dynamiques de violence qui menaçaient l’intégrité, la souveraineté et l’avenir de notre pays, n’est pas seulement un devoir de mémoire. Cette commémoration constitue une occasion privilégiée d’analyser les perturbations systémiques et les mutations profondes qui continuent de faire de la RDC le théâtre de tragédies humaines et environnementales, mais aussi de discerner les chemins susceptibles de conduire à une paix juste et durable.

Ce Symposium vise à contribuer à une réflexion approfondie sur la pensée, la lutte pour la dignité
humaine et les valeurs prônées par Mgr Christophe MUNZIHIRWA, à analyser avec objectivité
scientifique les questions liées au changement de la Constitution et du Pacte Social pour le vivre-ensemble, et à proposer des voies consensuelles pour une cohabitation pacifique et l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Télécharger l’Appel à Communications complet ici


